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Avec le rugby, les femmes plaquent la maladie

30 novembre 2017 - 13:55

À l'Oncopole de Toulouse (Haute-Garonne), l'équipe médicale propose à ses patientes, traitées pour des cancers, de faire... du rugby. Un vrai défi pour elles qui n'ont bien souvent jamais approché ce sport. Et ça leur réussit ! La trentaine d'inscrites ne rateraient pour rien au monde la séance du mardi soir ou du jeudi midi.

Sur le terrain des Argoulets, par trois petits degrés, la bonne humeur glisse avec les passes du ballon. La nuit est tombée sur Toulouse, et face à face, des femmes se retrouvent pour jouer au rugby.

Chasubles jaunes contre « sans maillots », on se réchauffe à grands éclats de rire, on feinte, on « chambre », on applaudit et on proteste. « Comment ça le toucher, il est limite ? Je l'ai prise dans mes bras ! » s'exclame Christiane, débonnaire. « Oui, j'ai des raisons de râler, l'arbitre n'est pas fair-play ! »

Sacré personnage, cette femme ! Sourire perpétuel et regard malicieux sous son bonnet noir, c'est la doyenne des joueuses et les autres l'appellent « Mamie Nova ». Sur le terrain synthétique, les âges varient de 35 à plus de 70 ans, les profils aussi. Mais elles ont toutes un point commun : elles mènent un combat contre le cancer. C'est aussi le cas d'une autre équipe, qui s'entraîne un peu plus loin : celle des « sédentaires », les soignants et autres personnels de l'Oncopole. Patientes contre soignants se retrouvent dans l'année pour quelques rencontres, toujours très animées et joyeuses.

Proposer du rugby, ce sport de contact et d'engagement, à des malades : l'idée peut sembler surprenante, saugrenue même. Elle est née en 2015. « La Fédération mettait en place le rugby santé. Le 15 octobre, elle a convié huit villes à Marcoussis (son centre national dans l'Essonne) pour évoquer le projet. Le comité Midi-Pyrénées a été mandaté pour le tester dans le cadre du cancer féminin », raconte Guillaume Bonnemaison, conseiller technique rugby, coordinateur du projet.

« Après avoir mis en avant les motivations à faire ce sport, on nous a montré la pratique, notamment avec des patients atteints de pathologies cardiovasculaires, se souvient le Dr Stéphanie Motton, chirurgien oncologue à l'Oncopole de Toulouse. On a été bluffé de voir qu'on pouvait faire du rugby en marchant. Et on nous a fait essayer...» De quoi totalement dédramatiser. « On connaissait le rugby à quinze, avec ses placages et ses mêlées. On se disait que ce n'était pas possible pour une femme de 60 ans qui n'a jamais joué ou une patiente affaiblie par la maladie. Le rugby à cinq se joue au toucher, sans placage ni mêlée. » Beaucoup moins brutal...

Les médecins ressortent convaincus. Prêts à jouer les prescripteurs. En février 2016, les premiers entraînements démarrent avec une douzaine de soignants. Un mois plus tard, c'est au tour des patientes. Passé la première surprise, lorsque l'idée est évoquée au détour d'une consultation, elles se laissent séduire.

Du bonheur partagé

« Certaines ont fait beaucoup de sport, et le cancer les a cassées. Ça me saute aux yeux, elles attendent qu'on leur tende cette perche. D'autres n'en ont jamais fait. J'en parle globalement à toutes, dès que j'ai le temps, parce que ça nécessite dix à quinze minutes de plus », témoigne le Dr Motton.

Selon elle, la pratique d'une activité physique ou sportive adaptée permet de diminuer un risque de récidive du cancer du sein de 50 %. « L'effet sera encore majoré chez des patientes qui n'ont jamais pratiqué d'activité physique avant, et chez celles qui ont une surcharge pondérale importante. » Tout juste après le traitement, la grande majorité de ces femmes traverse une phase de dépression réactionnelle. Elle joue sur leur moral mais elle entraîne aussi une augmentation de la masse graisseuse, elle-même facteur de croissance tumorale. Le pronostic est moins bon.

Le bénéfice est prospectif mais aussi physique : la pratique sportive réduit la fatigue, atténue la toxicité des traitements et minore leurs effets secondaires. Elle améliore aussi la rééducation, la cicatrisation. « On récupère, les douleurs diminuent », témoigne Germaine, au bord du terrain. Toutes les douleurs, même psychologiques. « C'est du bonheur partagé. C'est fabuleux ! Reprend la jeune femme, présente pour la troisième année. On ne parle pas de la maladie, on a juste le plaisir d'être ensemble, de se soutenir. Avoir le plaisir de faire une passe et de voir l'autre marquer l'essai est aussi important que de le marquer soi-même. »

Grâce au rugby, elles se réconcilient avec leur corps, reprennent confiance et retrouvent l'estime d'elles-mêmes. Combattantes, elles ont passé une étape. Elles foncent, vont de l'avant : pas des images neutres. Elles jouent un sport collectif, mais en plus c'est du rugby ! Comme leur mari ou leurs enfants. Qui aurait pensé ça possible ? Grande fierté. « J'adore ! Rien ne m'arrête, même pas le froid. C'est rare que je rate un entraînement », souligne Véro, une autre pionnière. Quarante-cinq minutes de bonheur partagé, de convivialité, de générosité... Comme une nouvelle famille qu'elles prennent plaisir à retrouver chaque semaine. Elles fêteront d'ailleurs Noël ensemble.

Après la phase de test et de promotion, l'exemple toulousain veut s'installer. Le 23 novembre, il va se constituer en association. Il deviendra le premier club de rugby sport santé en France. Le nom est déjà trouvé : « Les pionnières », clament les filles, en refermant la séance sur un cri de guerre.

Source : Ouest-france.

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